Quel apport pour les recherches participatives en santé ?
Rencontre - conférence,
Recherche,
Santé-social,
Date(s)
le 5 janvier 2026
En novembre dernier se tenait la première édition de La Croisée des Savoirs, un événement inédit dédié aux recherches participatives en santé et créé dans le cadre du programme Loire Val-Health. Une première placée sous le signe de la santé mentale et des neurosciences et qui a réuni en un même lieu une diversité d’acteurs impliqués de façon différente sur ce sujet. Retour sur cet événement au travers de deux témoignages, avec un enseignant-chercheur en psychologie et Grégory Widmer, membre de l’association Réseautisme 37.
Quelle était votre principale attente avant La Croisée des Savoirs ?
Grégory Widmer : “Déjà impliqué dans la recherche participative, j’ai vu cet événement comme une occasion de créer des premiers liens. La recherche participative est difficile à définir : chaque projet prend la couleur des personnes impliquées. Même si des notions comme la co-construction existent, chaque initiative oblige à repenser la manière de faire de la recherche.”
Enseignant-chercheur en psychologie : “Je souhaitais avant tout découvrir les acteurs locaux dans le domaine de la recherche en santé mentale et neurosciences, disposer des retours d'expériences des collègues chercheurs, mais surtout rencontrer des partenaires potentiels issus de la société civile.”
Que vous ont apporté les regards des autres participantes et participants ?
Enseignant-chercheur en psychologie : “Les interventions qui ont proposé une définition de la recherche participative ont été très intéressantes et m'ont permis d'affiner ma vision. J'ai apprécié les retours d'expérience de collègues chercheurs, même si je trouve que les visions auraient parfois pu être plus nuancées, en soulignant notamment les difficultés rencontrées. Le format table-ronde était à ce titre intéressant mais peut-être pas le plus adapté à des échanges directs.”
G. Widmer : “J'ai pu y renforcer mon réseau au niveau local. Notre association dispose déjà de partenariats nationaux et internationaux, mais monter des projets à l’échelle locale reste un vrai défi, notamment en recherche participative. La Croisée des Savoirs a montré qu’il faut oser se lancer : c’est une conclusion partagée dans les ateliers, et le principal enjeu est de passer à l’action.”
La recherche participative en un mot ?
G. Widmer : “Ambitieuse : ce mot représente à la fois la hauteur des enjeux et le besoin d'innover au local (statut, rémunération, formation, etc.).”
Enseignant-chercheur en psychologie : ‘’Co-construction”.
Selon vous, quelles devraient être les trois priorités des prochaines actions du Forum Soignant-Soigné (dont le but est de favoriser la recherche participative en santé) ?
Enseignant-chercheur en psychologie : ‘’La priorité des prochaines échéances réside selon moi dans la mise en relation entre les partenaires dans un domaine particulier, avec un tiers-veilleur.”
G. Widmer : “Oeuvrer localement facilite la reproduction de décisions et de schémas déjà appliqués. Si l'université de Tours, les CHU impliqués arrivent à discuter ensemble avec les personnes concernées sur des modalités de recherches participatives, alors les discussions sont facilitées et on libère beaucoup d'obstacles dans les initiatives de la recherche. Néanmoins, il faut avoir au préalable de l'expérience de projets locaux, qui ont fonctionné ou non. Il s'agit ici d'avoir l'audace d'établir les premiers projets, de se concerter et d’œuvrer. Cela doit se faire en accordant une attention particulière aux questions éthiques, avec l’appui de tiers capables non seulement d’alerter, mais aussi d’intervenir pour corriger les difficultés. C'est ce vers quoi le Forum Soignant-Soigné doit tendre : faire du lien et assurer une pérennité dans le temps.”